Bonjour ô visiteurs !
Voici la suite de nos aventures en pays d’Oman :
Nous avons donc continué vers le plateau du début des montagnes du Dofar, celles qui mènent au Yémen. Deux routes s’offraient à nous. Une qui montait abrupte et directe sur le plateau et l’autre qui longeait la mer, à la base du plateau, semblant le contourner. Sur la carte, c’est ce que je voyais et rejoindre Salalah par celle-ci semblait donc possible. En réalité, la route qui longeait le pied de la falaise s’arrêtait et celle qui traversait le plateau était en construction, ce qui n’était indiqué nulle part. Comme il n’y avait pas âmes qui vivent aux alentours, j’étais dubitative et voyant que la route du bord de mer s’arrêtait plus loin, je décidais de prendre la montée abrupte puisqu’il n’y avait, de toute façon, plus que celle-là !.
Hop ! Demi-tour pour prendre de l’élan et c’est là que j’ai aperçu un camion qui sortait d’un chemin. Le conducteur bengali a confirmé mon choix avec un « no problem ! to Salalah go straight straight.. » (pas de problème, c’est tout droit pour Salalah). Il voulait même nous inviter chez lui pour manger.
Chez lui ?? Mais il n’y avait pas une seule maison à des km à la ronde !
Bref !
Nous voilà lancés sur une route avec des montées et des descentes vertigineuses. Le spectacle était hallucinant de nature vierge. On passait des camions, des machines de construction et des ouvriers au bord de la route en plein travail qui nous faisaient coucou. En dehors de ça, il n’y avait que nous. Je fis remarquer aux enfants qu’on n’était pas gênés par la circulation ! Les travaux étaient grandioses ! Titanesques ! Et je roulais, béate d’admiration et de surprise.
Comme nous n’avions plus rien à manger et plus qu’une bouteille d’eau, je n’ai pas mollis car il me tardait d’arriver à Salalah pour refaire enfin le plein et trouver des boissons fraîches puisqu’on n’avait toujours pas de gaz et donc pas de frigo.
Le soleil déclinait quand un gros 4X4 nous dépassât et nous fit signe de nous arrêter.
Un ingénieur égyptien des Ponts et Chaussées, Mohamed, en sortît, accompagné de son chauffeur omanais Hassan.
Il s’avérât qu’il nous serait impossible de continuer puisqu’il n’y a…pas de route jusqu’à Salalah. Elle n’est simplement pas finie. Il nous restait une solution : retourner sur nos pas. Eux, ça fait 4 ans qu’ils travaillent sur ce chantier monumental…
Cependant, il faisait presque nuit et je ne comptais pas reprendre cette route impressionnante au soleil couchant. Mohamed demandât gentiment la permission pour aller nous garer dans leur campement mais son entreprise refusât. Il nous amenât 5 km plus loin, sur un espace libre en marge de la route principale. Nous étions au-dessus d’un précipice, sur le haut du canyon, et dans le crépuscule de cette journée intense, l’impression de liberté et de nature sauvage était écrasante !
Mohamed et Hassan repartirent vers leur campement pour se doucher et manger en promettant de revenir plus tard pour qu’on leur explique ce qu’on faisait là ! Pour l’instant ils étaient trop fatigués. Brave hommes ! Quand ils revinrent, ils avaient, pour nous, 2 bouteilles d’eau, des paquets de biscuits et des petits jus de fruits pour les enfants. Des pères noël ! On fût extrêmement touchés encore une fois.
Mohamed eût la délicatesse de sortir des sièges pliants de son coffre pour ne pas envahir notre espace privé puisqu’ils sont 2 hommes et nous nous installâmes dehors, dans le noir de ce balcon naturel au-dessus du vide, à la lumière du cc.
Grosse discussion, rigolade, et quand Mohamed m’a dit qu’on ne monterait sûrement pas la fameuse descente qui nous avait tant impressionnés puisqu’elle doit faire entre 15 et 16 % (et je le crois, je l’ai vue et de toute façon, c’est lui qui a fait la route !), je lui rétorquais que je n’avais pas le choix, ce qu’il savait bien. On tombât d’accord sur le fait que je préparerais mon câble de remorquage et que je profiterais d’un engin de chantier qui passerait en cas d’urgence. S’il en passait.
Je repoussais l’inquiétude au lendemain…