Marhaba !
7 mai 2013
Après 13 h de conduite dont une heure d’arrêt, nous voilà en soirée à Chiraz. Vannés.
Je retrouve la rue où je m’étais garée à l’aller et on retrouve aussi les iraniens qui ne parlent pas un mot d’anglais et l’accueil du sud qui est plus moyen qu’ailleurs dans le pays (refus de nous servir dans des magasins et engueulades sur la route).
La nuit précédente a été calme bien que très chaude mais nous avons été dévorés par les moustiques, ce qui nous a réveillés plusieurs fois. Et ce soir, il y a des travaux dans la rue. Je n’y crois pas ! Il est 23h passées et ils travaillent au marteau piqueur ! Je hais les villes !
Le temps est maussade mais nous avons rendez-vous avec Shayan, un jeune iranien rebelle et drôle rencontré à l’aller. Il nous emmène dans un magnifique jardin que nous n’avions pas encore visité (Shiraz est la ville des jardins). Selon la coutume d’accueil iranienne, Shayan refuse que l’on paye l’entrée et nous offre des glaces et chocolats chauds dans un petit patio où les jeunes se rencontrent sans risque de se faire arrêter par la police.
Le soir venu, Amir, un ouvrier de la rue, toque à la porte et, dans un français hésitant, me demande si je veux bien l’accompagner à son cours de français où la classe et la prof seraient ravis de me rencontrer. Je regarde, étonnée, cet homme couvert de plâtre qui se confond en excuses dans ma langue maternelle. En fait, son cours est dans une demi-heure, le temps de se changer et il y file. Il apprend le français 2 fois par semaine, en dehors de ses nombreuses heures de travail, par pur plaisir. Et il aimerait que je lui fasse l’honneur de l’accompagner ce soir à son cours.
L’accueil qui m’est fait au cours de français est très émouvant. Ces gens, si loin d’une éventuelle possibilité de visite de la France à cause des mauvaises relations internationales imposées à ce pays, qui apprennent notre langue avec amour, nous donnent une belle leçon d’ouverture d’esprit. On va parler à bâtons rompus, beaucoup rire aussi et dépasser d’une heure le temps du cours.
Quand Amir et son amie, qui fait aussi partie du cours, me ramènent, ils m’expliquent qu’il est pour eux hors de question de me laisser sans m’inviter à manger. Ce serait un problème avec leur conscience. Mais je décline car il est tard et les enfants m’attendent dans le cc. Ils partent alors quand même nous acheter un dîner. Et finalement restent le manger avec nous…Un autre très bon souvenir.
9 mai 2013
Départ de Chiraz dont j’arrive à m’extraire cette fois en 50 mn. Et c’est à nouveau la magie des grandes étendues rocheuses, des champs verts avec des coquelicots partout qui forment de grandes tâches rouges, et des wadis (vallons) plein d’eau. Très différent de notre passage en octobre où tout était beaucoup plus aride.
Route à cahots, fatiguante de fatiguante ! On saute pendant des km et des km !
Et toujours mes amis les routiers, avec leurs nobles camions. Et toujours les épaisses fumées noires qui puent et collent au camping-car, ainsi que les voitures curieuses qui roulent comme des fous et me font des queues de poissons dangereuses pour mieux nous voir de près et me font inévitablement piler en catastrophe ! (ras le bol parfois, impossible de relâcher la vigilance dans la conduite…)
Huda Hafiz !